Localisation : diocèse de Reims, canton de Fismes, arrondissement de Reims, commune d’Arcis-le-Ponsart, Marne ; sur un affluent de l’Ardre (Igniacum)

L’abbaye cistercienne Notre-Dame d’Igny fut fondée par l’archevêque de Reims Rainaud II de Martigny. Reconnaissant en effet envers l’abbé de Clairvaux d’avoir rétabli la paix dans son diocèse, le métropolitain fait donation en 1126 des biens immobiliers que l’Eglise de Reims possédait au lieu-dit Igny en vue d’y établir un monastère cistercien.

Les premiers moines arrivent de Clairvaux en 1128, sous la direction de Humbert, premier abbé. Ils trouvent un lieu correspondant à l’idéal cistercien de retrait du monde, propice à la fois à la prière et au travail agricole, avec des sources, des bois et des terres à cultiver. Largement dotée au départ par l’archevêque de Reims, l’abbaye d’Igny bénéficie, dans les années qui suivent, de nouvelles donations de la part de l’archevêque lui-même ainsi que des seigneurs de la région, ceux de Braine, de Châtillon et d’Arcy notamment. Vers 1350, dix-sept granges étaient encore exploitées, à Montaon, laquelle subsiste aujourd’hui, à Longueville, à Monthazin, à Resson, à Villardelle, à Party et à Voisin.

Le nouveau monastère se développa rapidement après sa fondation puisque, dès 1135, l’abbé Humbert entreprit la création d’une fille à Signy, dans le Porcien. Ayant démissionné afin de retourner à Clairvaux où il meurt en 1148, l’abbé Humbert est remplacé en 1138 par Guerric. Ce dernier, d’abord chanoine puis écolâtre de Saint-Martin de Tournai, était entré à Clairvaux en 1125. Sous son abbatiat, l’abbaye d’Igny connait une grande période de prospérité, enregistrant de nombreuses vocations qui lui permettent d’essaimer à La Valroy, dans le Rethelois, en 1148. A son décès le 11 août 1157, l’abbé Guerric laissait le souvenir d’un prédicateur renommé dont on conserve 54 sermons authentiques, prêchés à l’occasion des fêtes liturgiques. Elevé au rang de Bienheureux, ses reliques sont toujours vénérées à Igny.

Après les confirmations des biens et privilèges de l’abbaye par le comte Thibaud III puis le pape Innocent III dans une bulle du 26 novembre 1199, les donations se font plus rares entre 1270 et 1345. Malgré ce ralentissement et grâce à la générosité de Gaucher de Châtillon, le monastère peut entreprendre en 1378 la restauration d’une abbatiale dont la première avait était dédicacée en 1130. De cette période, l’abbaye d’Igny conserve le souvenir du passage du roi Charles VI qui s’y arrêta le 31 octobre 1380, quelques jours avant son sacre.

Un arrêt royal du 12 janvier 1545 instaure le système de la commende à Igny et le premier abbé en est Louis de Folligny. A cette date, l’abbaye compte encore soixante-douze religieux, lesquels ne sont plus que onze ou douze au XVIIe siècle. En 1733, l’abbatiale du XIVe siècle est détruite et remplacée par une nouvelle église dont les travaux sont achevés en 1789. Les six moines qui demeuraient alors à Igny durent partir le 20 mars 1791 tandis que les objets d’art étaient transportés à Reims et le mobilier vendu.

Les bâtiments monastiques, achetés par la famille Raison à la fin du XVIIIe siècle, furent revendus à l’archevêché de Reims le 28 décembre 1875. Le 1er janvier suivant, vingt-trois cisterciens-trappistes venus de Sainte-Marie du Désert (diocèse de Toulouse) s’installèrent au prieuré d’Igny qui redevint abbaye en 1886. Détruite par les troupes allemandes en 1918, l’abbaye fut reconstruite en 1927-1929 et confiée à des moniales cisterciennes.

Notre-Dame d’Igny au fil de l’histoire

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Notre-Dame d’Igny au fil de l’histoire
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n° 58 - Avril 2011

Abbaye d’Igny : Merci pour le chocolat

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La restructuration de l’Abbaye d’Igny est terminée

Après deux ans de travaux, le regroupement de plusieurs communautés s’est réalisé.

La mère Abbesse Marie-Rose a transféré une grande partie des moniales d’Igny dans les 2 autres monastères pendant la durée des travaux.

Lors de ces travaux, de nouvelles cellules ont été créées, celles des moniales les plus âgées sont regroupées en unités de vie. Les lieux d’accueil ont été revus, des accès pour les handicapés créés et l’église réaménagée.

L’Abbaye d’Igny a été pendant ce temps occupée par une douzaine de moniales plus jeunes qui ont supervisé les travaux et et ont fait fonctionner la chocolaterie qui, elle, restée ouverte.

Une fois les travaux terminés, les sœurs des trois communautés se sont regroupées définitivement à Igny. Les 2 autres monastères ont été revendus et le produit de la vente permet de financer les travaux d’Igny.